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(Citations bibliques: Version Segond 21 sauf autre mention.)

Nous revenons au 14ème chapitre de notre étude de 1 Corinthiens. Cela fait maintenant de nombreux mois que nous sommes dans ce livre, et nous sommes dans ce qui doit être le chapitre le plus difficile du livre, si ce n’est le chapitre le plus difficile de la Bible, de bien des manières. Et je veux vous parler aujourd’hui très minutieusement, pour vous faire comprendre les difficultés du texte aussi clairement que possible.

Je veux commencer en disant que j’aborde ce texte sans aucune arrière-pensée, mais j’essaie de mon mieux de comprendre ce qu’il dit. Je n’essaie pas d’en faire un message contre le mouvement charismatique actuel, alors que nous en avons discuté au cours des derniers mois, mais plutôt simplement de vous enseigner ce que le texte dit. Nous en tirerons quelques applications en cours de route.

Et j’insiste pour redire que je sais qu’il est difficile pour certains, car nous avons tant parlé de ce sujet récemment, de fixer dans leur esprit le fait que je n’attaque pas personnellement des individus qui croient ce que les charismatiques croient, mais au contraire, je fais tous mes efforts pour faire comprendre ces choses clairement, ces choses qui sont dans la Parole de Dieu et qui parlent des phénomènes particuliers qui se passent aujourd’hui. Alors, c’est de la Parole de Dieu que je parle, m’efforçant de comprendre la vérité de Dieu, plutôt que de contre-attaquer certains qui m’auraient attaqué sur ce point. Je n’ai absolument aucune autre motivation que de vous faire comprendre la vérité de la Parole de Dieu.

Ayant ceci à l’esprit, nous revenons au 14ème chapitre. Or, comme je m’en souviens, ce chapitre nous présente le sujet des langues dans l’Église de Corinthe. Paul s’occupe ici d’une autre manifestation de l’état charnel des Corinthiens. Comme nous l’avons vu dans les études précédentes, la vraie présentation biblique du don des langues, comme il est appelé, peut se voir en Actes 2, où nous voyons là qu’il s’agit d’une langue connue. Les gens entendaient ce qui était dit dans leur propre langue. Voilà le vrai don des langues, la capacité de parler une langue étrangère, une langue inconnue de l’orateur. Dieu leur a donné l’aptitude de parler cette langue afin de communiquer la vérité de Dieu dans la langue d’une personne présente.

Il agissait également comme un signe, en vertu de son facteur miraculeux, c’est-à-dire le fait que quelqu’un qui ne connaissait pas la langue la parlait, il agissait comme signe que Dieu était présent, et il authentifiait le message annoncé. Nous avons appris que c’était des langues authentiques, comprises par des Juifs venus en visite de nombreux pays pour la fête à Jérusalem, comme cela a eu lieu en Actes 2. C’était alors, et c’est important de vous en souvenir, une expression compréhensible des œuvres merveilleuses de Dieu dans leur propre langue. Et vous trouvez cela en lisant le second chapitre des Actes.

Dieu parlait ; c’était le début d’une ère nouvelle. Le Nouveau Testament allait être écrit ; bien des anciennes choses concernant le Judaïsme, et des choses que Dieu avait révélées dans le passé allaient recevoir des ajouts, certaines allaient être modifiées quelque peu dans cette nouvelle période merveilleuse du Nouveau Testament. Dieu allait de nouveau parler, et ce qu’Il allait dire serait dur à comprendre pour bon nombre des Juifs. Et, afin d’authentifier que c’était réellement lui qui parlait, Dieu donnait des signes accompagnateurs et des prodiges à ses messagers, comme cette aptitude de parler une langue étrangère qu’ils ne connaissaient pas, miraculeusement.

Or, il n’y a aucune raison de penser que cette définition claire, et ce but pour le don des langues, aient changé. Les termes qui sont utilisés en 1 Corinthiens, les mots qui sont utilisés dans le grec, sont tout à fait les mêmes que ceux utilisés en Actes 2. Aucune définition nouvelle n’est donnée. Alors, quand nous arrivons au temps de l’Église de Corinthe, le don des langues n’est pas différent de ce qu’il avait toujours été. C’est toujours, donné par le Saint-Esprit, la capacité miraculeuse de parler une langue étrangère que vous ne connaissez pas, mais que quelqu’un qui est présent connaît, afin de lui montrer que Dieu est présent, et que Dieu authentifie le message.

La confusion vient du fait que les Corinthiens avaient faussé ce don si simple et clair en l’utilisant mal, et deuxièmement, en le mélangeant avec le concept païen de parler en un charabia extatique qui était si courant dans leur culture. C’était relativement facile pour Satan de contrefaire la réalité, car cette extase païenne culturelle était fréquente au temps des Corinthiens. Mais gardez à l’esprit que le vrai don ne venait que de Dieu, des langues vivantes qui devaient être comprises par des gens qui étaient présents quand elles étaient utilisées.

D’autre part, le langage extatique était très différent. Il était basé sur une superstition païenne, l’extase, l’érotisme et la sensualité, comme nous l’avons vu la dernière fois. C’était un parler dans un jargon inconnu de tous, que l’on croyait être le langage d’un dieu. Et ils disaient que lorsque vous parliez dans ce charabia, vous étiez en communion privée avec votre dieu. Son sens n’était jamais connu de l’adepte qui parlait, car il ne comprenait pas ce qu’il disait. Il n’était pas connu des gens qui pouvaient avoir entendu, car ils n’avaient aucune idée de ce qu’il disait. Donc Paul dit qu’ils disent des mystères. Ils parlent de certaines espèces de secrets sacrés avec leur dieu.

Et c’était là le problème qui était entré dans l’Église de Corinthe. Ils avaient perverti le vrai don pour en faire cette extase fabriquée. Et même ceux qui avaient le vrai don – et soit dit en passant, sans doute qu’il y avait à Corinthe des gens qui avaient le vrai don, car au chapitre 1, verset 7, il est dit : « Il ne vous manque aucun don. » Mais même ceux qui l’avaient l’utilisaient mal, et donc le reste de l’assemblée utilisaient sa contrefaçon. Et c’est quelque chose qu’il faut discerner en lisant ce chapitre.

Ainsi, dans l’assemblée de Corinthe, ils avaient, pour la plupart, contrefait ce don réel, en avaient fait le langage extatique des païens, et, avec les excès émotionnels concomitants, il s’était mis à dominer l’assemblée des Corinthiens. Alors Paul écrit pour séparer l’adoration de faux dieux, et son objectif personnel de satisfaction de soi, d’avec l’adoration du vrai Dieu dont le but est tourné vers les autres. Autrement dit, nous avons vu la dernière fois que les gens qui faisaient cela étaient très égoïstes, et que ce que Paul voulait faire passer c’était qu’ils devaient utiliser les dons qu’ils avaient, si c’était vraiment un don authentique, pour servir les autres, non comme quelque chose pour soi, à n’utiliser qu’égoïstement pour se donner à soi une bénédiction particulière et extatique.

Alexander Hay dit : « Ces croyants, dans leurs jours de paganisme, avaient cru que lorsqu’ils parlaient dans une langue non comprise par les hommes, même pas par l’adorateur, ils parlaient de secrets ou de mystères avec leur dieu. Ils croyaient que c’était leur esprit qui parlait. Le seul qui en bénéficiait était l’adorateur ; personne d’autre ne comprenait. L’adorateur en profitait par l’extase de se sentir excité et le sentiment qu’il avait réellement part aux esprits du cercle intérieur. Il ne pensait absolument pas à l’édification des autres adorateurs. Paul oppose ce but égoïste à l’objectif chrétien. Le but des manifestations de l’Esprit de Dieu est d’édifier l’ensemble de l’assemblée. » Fin de citation.

Et c’est le résumé de ce que nous avons dit la dernière fois. Le but des dons authentiques est pour les autres, jamais pour vous-mêmes. Tout le corps doit être édifié. Au chapitre 12 de Corinthiens, au verset 7, « Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée, » en fait il est dit « pour profiter à tous. » Pour le profit de tous, pour le bien de tous ! Et le don des langues était là pour manifester la vérité de Dieu aux autres ; c’était pour dire la vérité de Dieu dans un langage qu’un non croyant pouvait entendre, et il pouvait dire : « Ça c’est surprenant. Cette personne ne connaît pas ma langue, et pourtant il la parle. Dieu doit parler par lui ! » Ensuite, lorsque la personne continuait en proclamant l’évangile, ou en disant la vérité, comme Pierre l’a fait le jour de la Pentecôte, la foi entrait dans leur cœur parce qu’ils avaient vu que Dieu parlait par l’effet des miracles qui accompagnaient le message.

Or, les charismatiques, de nos jours, et les Pentecôtistes se rendent compte qu’il y a une différence, - et c’est important – entre Actes 2 et 1 Corinthiens 14. Ils admettent qu’il y a une différence, et la manière dont ils expliquent la différence est habituellement celle-ci. Ils disent qu’il y a deux sortes de langues. Il y a les langues d’Actes 2, qui sont des langues réelles, et il y a les langues de 1 Corinthiens 14, qui est un langage extatique, privé, pour le recueillement, par lequel on parle dans une langue inconnue à Dieu, personnellement et en privé, pour l’édification personnelle. Ils reconnaissent une différence et la résolvent en disant qu’il y a deux dons des langues.

Je reconnais une différence et la résous en disant qu’on en faisait le vrai usage en Actes 2, et le faux usage en 1 Corinthiens 14, de sorte que ce que vous trouvez au chapitre 14 n’est pas un autre don, mais une perversion du don prévu et un mélange avec la contrefaçon païenne. Les Écritures n’enseignent nulle part qu’il y a deux genres de parler en langues, l’un qui est un langage, et l’autre une extase. Nous savons cela parce que le même terme décrit le don d’Actes 2 et celui de 1 Corinthiens 14. Et si Dieu avait voulu faire une distinction, Il aurait dû utiliser un terme différent, ce qu’Il ne fait pas. C’est exactement le même mot. C’est le mot grec normal pour langue.

Donc il n’y a rien pour justifier l’usage égoïste des langues comme si c’était un don nouveau ou spécial. En fait, et je veux que vous entendiez ceci, je pense que si nous disons que ce que les Corinthiens avaient était un vrai don, étant vraiment pratiqué, c’est un argument contre la plus élémentaire authenticité de spiritualité. L’Église de Corinthe n’aurait jamais pu manifester un vrai don dans l’état dans lequel elle était.

Je le dirai ainsi : est-il possible que des chrétiens qui sont profanes, diviseurs, têtus dans leurs idées, formant des clans, charnels, envieux, conflictuels, discutailleurs, remplis de soi, vantards, arrogants, se compromettant dans le péché, dépossédant les autres, fornicateurs, privant leur conjoint de leurs droits, des chrétiens qui outragent les chrétiens plus faibles, qui courent après le mal, qui sont idolâtres, communiant avec les démons, insoumis, gloutons, ivrognes, égoïstes à l’égard des pauvres, et qui profanent le Repas du Seigneur, de tels chrétiens peuvent-ils exprimer un don authentique du Saint-Esprit ?

Eh bien, la réponse est évidente. Si c’était le cas, cela défierait tous les principes de la spiritualité. Un croyant marche soit dans la chair, soit il marche dans l’Esprit. Il n’y a pas de discussion quant à ce que les Corinthiens faisaient. Ils marchaient dans la chair. Et si vous avez un problème avec ça, lisez le troisième chapitre, ou lisez n’importe quel chapitre, d’ailleurs. Et lorsque l’on marche dans la chair, on ne manifeste pas un don réel dans la pure puissance du Saint-Esprit. C’est incompatible. Cela ne peut arriver.

Ainsi, en arrivant au 14ème chapitre de 1 Corinthiens, vous ne devez pas conclure que ce que vous avez ici est un don réel, sinon vous outrepassez toute vérité basique de la spiritualité et de la manière dont les dons fonctionnent. La seule chose qui pouvait s’être passée là était fausse, car tout le reste était faux dans leur vie. Et donc, Paul écrit en réalité, tout comme il l’a fait dans les 13 premiers chapitres, pour corriger une erreur dans l’assemblée corinthienne. Il écrit parce qu’il y règne un grave désordre. On justifiait l’usage égoïste et païen du langage extatique comme s’il était le don des langues donné par le Saint-Esprit.

Et même ceux qui avaient le vrai don l’avaient, apparemment, perverti et l’utilisaient pour parler de leur petite manière privée, et pour l’utiliser dans l’assemblée sans même la présence de non croyants. Et ils l’utilisaient comme moyen de s’élever à un échelon de supériorité spirituelle. S’il y avait une chose commune à toute l’Église de Corinthe, c’était qu’ils avaient laissé tout le système du monde les submerger, et ceci n’est pas différent. Tout le reste de ce qu’il y avait dans leur monde était entré dans l’Église. Pourquoi l’approche de la religion qu’a le monde ne le ferait-il pas ?

Donc, c’est un don qui était authentique dans l’ère apostolique. Croyez-moi, le don des langues est authentique. J’ai reçu cette semaine une lettre de personnes à qui j’ai écrit pour leur demander la permission de les citer dans le livre. Ils ont dit : « Nous vous donnerons la permission de citer si vous n’êtes pas contre le don des langues. » Bien entendu, je ne sais pas encore comment je vais faire, parce que je ne suis pas contre.

Il y a un vrai don. Je sais ce qu’ils veulent dire. Je sais dans quel esprit ils disent cela, mais ma question est qu’il y a un vrai don, et je ne suis pas contre cela. Dieu a donné le don des langues dans l’ère apostolique. Mais comme nous l’avons vu dans 13 :8 à 12, il a cessé. Et c’est pour cela que ce chapitre est si difficile pour nous, les amis, car depuis 2000 ans le don réel n’a plus cours, et c’est très difficile de reconstruire tous les détails qui le concernent. J’ose dire que j’ai probablement lu au moins 50 livres sur le sujet, et je n’en ai pas encore trouvé deux qui s’accordent sur tous les détails. C’est stupéfiant, et cela même parmi des évangéliques.

Alors, aujourd’hui, je vous offre ma proposition. Il y a certaines choses que nous n’avons pas besoin de supposer, mais il y a certaines parties ici sur lesquelles nous n’avons simplement pas suffisamment d’informations. Mais nous savons une chose, les Corinthiens étaient charnels. Et nous savons une autre chose, ils avaient laissé cette extase culturelle infiltrer l’assemblée. Et nous savons encore une chose, c’est que le vrai don était de pouvoir parler dans une vraie langue à quelqu’un qui la comprenait, et ce n’est pas ce qu’ils faisaient. Donc il y aura quelques absolus en cours de route.

Maintenant, allons au texte. Je vous ai dit la dernière fois que nous allions diviser le texte en trois parties ; vous pouvez regarder votre plan, du moins pour ses éléments initiaux. Et vous trouverez que la partie 1 du texte est la position du don des langues, et leur position est secondaire. Les 19 premiers versets parlent de cela. La position du don des langues, elle est secondaire. La section suivante du chapitre est le but du don, et la suivante est la pratique. Ainsi vous avez la position, le but, et la pratique, et nous traiterons tout le chapitre en examinant ces points.

Mais aujourd’hui, nous examinerons la position du don des langues. Et nous vous avons dit la dernière fois qu’elle est secondaire, et la raison pour laquelle elle est secondaire est par le fait qu’elles soient comparées à la prophétie, et que la prophétie peut édifier alors que les langues ne le peuvent pas. Donc c’est un don secondaire. Remarquez le verset 26, à la fin du verset : « Que tout se fasse pour l’édification. » Autrement dit, la pointe de tout ce chapitre de Paul est « quoi que vous fassiez, assurez-vous que cela édifie le corps. » Et cette même phrase est répétée plusieurs fois. Nous l’avons vue la dernière fois à la fin du verset 4 : « … édifie l’Église. » Verset 5 : « … pour que l’Église reçoive une édification. » C’est le but de tout. Verset 12 : « … cherchez ceux qui édifient l’Église. »

En d’autres termes, répétitivement il met l’accent sur le fait que tout ce que nous faisons nous devrions le faire pour l’édification de l’Église. Bien. Maintenant, regardons la position des langues. La dernière fois nous vous avons rappelé que cette position est secondaire, par rapport à la prophétie. Et le premier point, que nous avons vu la dernière fois dans les versets 1 à 5, était que la prophétie édifie toute l’assemblée. C’est pour cela que les langues viennent après la prophétie, parce que la prophétie édifie toute l’Église.

Donc, au verset 1, il dit : « Recherchez l’amour, et continuez à aspirer aux dons spirituels, mais surtout à la prophétie. » Pourquoi ? Parce que la prophétie édifie toute l’assemblée. Et si vous recherchez la manifestation d’un don de l’Esprit dans votre assemblée, alors recherchez celui qui l’édifiera toute entière, le don le meilleur.

Maintenant, je voudrais signaler une chose dont vous devez vous souvenir. Au verset 1, il ne parle pas d’un chrétien individuel recherchant un don individuel. Il parle de l’assemblée. Il dit que « l’assemblée, lorsqu’elle se rassemble, devrait rechercher la manifestation du don de prophétie de la part de quiconque a ce don. » 

Or, il vous faut noter ceci dans votre esprit. Du chapitre 11 au chapitre 14, tous ces chapitres traitent du rassemblement de la communauté de l’Église corinthienne. Aucun ne se rapporte à un moment privé. Aucun ne se rapporte à une relation personnelle avec Dieu. Tout parle de comment on se comporte dans l’assemblée.

Le chapitre 11 parle de la manière dont les femmes doivent se conduire dans l’assemblée. Le chapitre 11 parle aussi de comment il fallait s’occuper de la Cène et de l’agape lorsqu’on se rassemblait ; le chapitre 12, comment on se sert de ses dons lorsqu’on se rassemble ; le chapitre 13, comment on devait manifester l’amour lors des rassemblements ; le chapitre 14, comment on utilisait le don des langues quand on se rassemblait. Tout se passe dans l’assemblée, du chapitre 11 au chapitre 14.

Et lorsque les charismatiques et les Pentecôtistes veulent prendre le chapitre 14 pour le faire se rapporter à des langues privées pour le recueillement, ils le prennent totalement hors du contexte dans lequel il se trouve dans le livre, où il parle d’un bout à l’autre du concept de la rencontre en assemblée, comme nous le faisons aujourd’hui.

Or, Paul dit, « Lorsque vous vous rassemblez, au lieu de souhaiter toutes ces manifestations extatiques et de rechercher ce don, aspirez à voir se manifester la prophétie. Dieu pourrait vous parler par Sa Parole. » Ensuite le verset 2 disait, nous nous souvenons, « Celui qui parle en langue, » et nous avons vu qu’il se référait à leur parler extatique, « ne parle pas aux hommes mais à un dieu, » dans le grec. « À un dieu. » Et nous vous avons mentionné là une possibilité intéressante, pour laquelle je ne serai pas tout à fait dogmatique, mais plus je l’étudie, plus elle me plaît. Et c’est que lorsque vous avez le terme « langue » au singulier, Paul pourrait bien se référer au don extatique. Ensuite, lorsqu’il l’utilise au pluriel, il fait référence au vrai don.

Et je dis cela parce qu’il n’y a que « langues » que l’on puisse mettre au pluriel. » On ne peut pas mettre « charabia » au pluriel. Il n’y a pas plusieurs sortes de charabia. Il n’y en a que d’une sorte. Charabia. On ne dit pas : « Quel charabia parlez-vous ? » Il n’y en a pas plusieurs ; il n’y en a qu’un. Et il se peut bien que ce soit pour cette raison que certaines versions ont introduit « inconnue » quand « langue » était au singulier. Peut-être qu’on a reconnu cette nuance dans l’écrit de Paul.

Ainsi, peut-être que ce qu’il dit ici au verset 2, qui me semble le mieux, c’est qu’«il parle en charabia, » littéralement. « Celui qui parle dans ce langage extatique ne parle pas aux hommes mais à un dieu. » Autrement dit, il caractérise simplement leur phénomène particulier. « Car personne ne le comprend, » et cela inclut le vrai Dieu, dans un sens. Autrement dit, ce n’est pas le genre de parler de Dieu ; mais à la base, il se rapporte aux gens. « Cependant, dans son esprit il dit des mystères. »

Or, vous vous souvenez que dans les religions à mystères, le terme « mystère » était un mot chargé. Donc il leur dit – et je ne fais que vous le rappeler de la dernière fois - : « Lorsque vous parler dans vos extases, vous ne parlez à personne. » Et vous avez sous les yeux la première perversion, car tous les dons visaient à édifier quelqu’un d’autre que soi, et s’ils ne servaient pas à parler à des hommes, alors ils étaient pervertis. Ensuite il le compare avec la prophétie, au verset 3 en disant : « Celui qui prophétise, au contraire, parle aux hommes, les édifie, les encourage, les réconforte. »

Ainsi il contraste le parler païen extatique avec la prophétie qui, elle, parle réellement de la vérité de Dieu au cœur des gens. C’est un contraste profond. Il insiste beaucoup pour atteindre le problème de leur égoïsme au verset 4. Nous l’avons déjà vu. « Celui qui parle en charabia, » celui qui parle dans un parler extatique, « s’édifie lui-même, » et je ne considère pas ceci comme quelque chose de bien.

Et je vous avais signalé, la dernière fois, qu’en 1 Corinthiens, chapitre 8, verset 10, vous avez un exemple d’une mauvaise espèce d’édification, de quelqu’un qui peut mettre un autre dans une position qui le ferait tomber. Et ensuite je vous ai rappelé qu’au chapitre 10, verset 23 et 24 de 1 Corinthiens, il dit : « Tout est permis mais tout n’est pas utile. » Il dit que « tout est permis, mais tout n’édifie pas. » Et au verset suivant, il dit : « Nous devrions chercher l’édification des autres, non de nous-mêmes. »

Et l’édification de soi et la mauvaise sorte d’édification font déjà partie de son vocabulaire comme négatifs, donc je pense qu’il est facile de l’appliquer ici. Et ce qu’il dit est quelque peu caustique, un peu sarcastique, visant leur égocentrisme, et disant : « Celui qui parle ce charabia ne fait que s’édifier lui-même, » comme si c’était une édification de l’ego, « alors que celui qui prophétise édifie véritablement l’Église. » Donc dans l’assemblée, il n’y a pas place de pour cette espèce de parler extatique. »

Maintenant le verset 5 : « Je désire que vous parliez tous en langues. » Ici, remarquez le changement. Il laisse le singulier et utilise le pluriel. « Je désire que vous parliez tous en langues ; je désire que tous vous ayez le vrai don. Mais encore plus que le vrai don, je préférerais que vous prophétisiez ; car celui qui prophétise est plus important que celui qui parle en langues, à moins ce dernier n’interprète pour que l’Église reçoive une édification. »

Et le vrai don est très bien s’il est utilisé dans le contexte correct, et que quelqu’un qui parle cette langue est présent, pour qu’ensuite, elle soit interprétée pour que l’Église la comprenne. Mais excepté dans ces conditions, cela n’a aucun but. Donc la prophétie édifie toute l’Église ; par conséquent les langues prennent une place secondaire, même le vrai don. Et le faux don n’a pas lieu d’être du tout.

Maintenant le deuxième principe – vous l’avez dans votre plan. La deuxième raison pour laquelle les langues sont secondaires – elle découle de la première – les langues sont inintelligibles. Les langues sont inintelligibles. Et nous allons voler un peu rapidement ici, alors accrochez-vous. Les langues sont inintelligibles, verset 6 : « Et maintenant, frères et sœurs, » et ici, une nouvelle fois, il fait référence, sans doute, au vrai don, si nous adoptons cet usage du singulier et du pluriel. « … en quoi vous serais-je utile si je venais chez vous en parlant en langues ? »

Autrement dit : « Même si moi, l’apôtre Paul, avec tout le pouvoir et la piété que j’ai, si moi, l’apôtre Paul viens chez vous et vous parle avec le vrai don des langues, quel bien cela vous ferait-il ? Vous parlez le grec. Vous n’avez pas besoin que j’agisse ainsi. » Donc il dit : « À moins que je ne vous parle par révélation ou connaissance, ou prophétie ou enseignement, cela n’aurait aucun sens pour vous. Vous ne profiteriez de rien. Vous ne bénéficieriez de rien. » Et ce qu’il dit en réalité, c’est que ce qui est dit doit être intelligible pour les auditeurs. Et puisqu’ils parlaient tous grec, cela n’avait aucun sens que Paul vienne leur parler dans une langue étrangère quelconque.

Ce qui me stupéfie aujourd’hui, c’est d’avoir vu cette section de l’Église mettre une importance si incroyable sur une communication inintelligible que personne, pas même l’orateur, ne comprend. Il est également stupéfiant de noter que de très nombreuses fois, lorsque l’interprétation est soi-disant donnée comme vraie interprétation, il peut être signalé qu’en fait, ce n’est pas une vraie interprétation du tout. Il y a de très très nombreux témoignages du fait que des gens ont expérimenté avoir parlé en hébreu, et autre, et que quelqu’un ait donné une traduction qui n’avait rien à voir avec ce qu’ils avaient dit.

Et d’une manière ou d’une autre, aujourd’hui, nous avons fait une espèce de vache sacrée, une espèce de grande hiérarchie spirituelle avec des gens qui ont été capables de ne communiquer avec personne. Paul dit : « Si je venais en utilisant le vrai don, cela n’aurait aucun sens pour vous parce que vous parlez le grec. » Or, au verset 7 il commence à illustrer ce point. Et il dit : « Si les objets inanimés qui rendent un son, comme une flûte ou une harpe, ne rendent pas des sons distincts, comment reconnaîtra-t-on la mélodie jouée sur eux ? »

La flûte, avec la harpe, qui pourrait être n’importe quel instrument à corde, étaient les instruments les plus courants de l’époque. On s’en servait lors de banquets ou lors de funérailles et autres cérémonies religieuses, donc les gens devaient savoir de quoi il parlait. Mais vous remarquerez, au verset 7, il dit « si les objets inanimés … » sans âme, inanimés, sans vie. Des instruments inanimés qui étaient connus pour la belle musique, et les ambiances de joie ou de chagrin qu’ils pouvaient produire.

Ce genre d’instruments, à moins d’être joués avec un ton ou un rythme particuliers, ne signifient absolument rien. Remarquez au verset 7 : « s’ils ne rendent pas des sons distincts. » Le grec dit littéralement, « à moins qu’il y ait une différence. » Autrement dit, il doit y avoir des variations dans le son pour avoir un sens. Il doit y avoir une variation étudiée, calculée. Une flûte ou une harpe n’ont de sens que lorsqu’il y a des variations significatives dans le son.

Par exemple vous connaissez des pianistes de renom qui jouent magnifiquement. Nous avons quelqu’un dans la famille qui joue du piano, Melinda. Elle a trois ans. Elle joue les mêmes notes, frappe les même touches, et vous savez ce qui se passe ? Au bout de 30 secondes, on lui dit : « Melinda, par pitié, arrête de jouer !! » Pourquoi ? Parce que l’absence de variations appropriées dans les sons ne produit que des dissonances et du bruit. Et c’est ce que Paul dit ici. « Seulement un son, même d’un magnifique instrument, ne veut rien dire à moins qu’il y ait un changement significatif dans les tons pour que les gens puissent comprendre la mélodie, que les gens comprennent l’air. »

Vous direz : « Bon, mais pourquoi cette analogie, John ? » C’est que vous ne pouvez bénéficier ni être édifié en entendant quelqu’un parler que s’il y a une variation comprise dans le ton qui communique un sens. Et Paul dit : « Cela ne sert à rien du tout autrement, même le vrai don des langues utilisé par des gens qui ne comprennent pas qu’il est inutile, sans parler du charabia qui est toujours inutile. Il va plus loin au verset 8. « Et si la trompette rend un son confus, qui se préparera au combat ? »

C’est vrai, pouvez-vous imaginer ce qui se passerait si tout le monde se préparait à la guerre, et le type se lève, et joue n’importe quel air à son gré ? Et tout le monde se met en route, voyez-vous, sans savoir s’il faut se lever ou retourner se coucher, ou mettre son armure. Il est évident que la trompette doit donner un air défini significatif pour avoir un sens. Une trompette militaire était l’instrument le plus clair et le plus fort, mais aucun soldat n’aurait su que faire si elle ne jouait pas un air précis.

Au verset 9, il donne un autre exemple. « Il en va de même pour vous : si votre langue ne donne pas une parole intelligible, comment saura-t-on ce que vous dites ? En effet, vous parlerez en l’air. » Ainsi vous voyez, l’important est qu’il n’y a jamais de sens au charabia, car jusqu’ici, personne n’en a jamais rien compris.

Et le seul moment significatif pour l’usage du vrai don à l’ère apostolique fut lorsqu’il y avait là quelqu’un qui comprenait la langue. Si cela arrivait dans une assemblée de croyants, alors il fallait que ce soit traduit afin que les croyants puissent en plus et en même temps être édifiés. Il fallait que ce soit facilement compris, sinon on parlait en l’air.

Donc Paul peint pour les Corinthiens des images plutôt satiriques, plutôt sarcastiques. Des instruments musicaux si désaccordés qu’ils ne peuvent être reconnus, et un trompettiste militaire si incompétent que l’armée n’a aucune idée de ce qui se passe. Et il dit : « C’est à peu près ce qui se passe dans l’assemblée de Corinthe. Confusion et chaos purs. » Et Paul essaie d’amener ces croyants à reconnaître et réaliser que le but des dons de l’Esprit est de proclamer l’évangile aux non sauvés et d’enseigner la vérité au peuple de Dieu, ou encore d’authentifier ceux qui feront ces deux choses. Et tout cela ne peut se faire que par des mots intelligibles.

Ainsi, avec ironie et quelque sarcasme, beaucoup de patience et de nombreuses illustrations, il essaie de franchir la barrière de l’ignorance, de l’émotion et de la superstition qui existe dans l’Église de Corinthe. Il continue avec une illustration du domaine du langage au verset 10 qui suit : « Si nombreuses que puissent être les diverses langues dans le monde, aucune [d’entre elles] n’est dépourvue de signification. » Ici il enfonce encore le clou. Il ne fait que répéter la même chose, plusieurs fois, espérant que tôt ou tard, il en récoltera les fruits.

« Il y a tant de langues. » On nous dit qu’aujourd’hui il y en a peut-être 3000. « Il y a tant de langues dans le monde, tant de voix différentes. » Soit dit en passant, il y a ici un terme, très général, qui est « voix, » et qui signifie simplement « sons ». Le même mot est utilisé pour les instruments au verset 7, donc c’est un terme très large. Il dit : « Aussi nombreux que soient les sons, … aucun son n’est sans signification. » Et ici il l’applique aux langues, comme le verset 11 le montre clairement. Il dit au verset 11 : « Si donc je ne connais pas le sens du son, « ou de la voix, « je serai un barbaros pour celui qui parle, et celui qui parle sera un barbaros pour moi. »

Maintenant il dit : « Si vous ne parlez pas en quelque chose que je peux comprendre, nous sommes deux barbares essayant de converser. » Au cas où vous ne comprendriez pas ce qu’est un barbare, barbare est un terme pour un étranger, et un barbare était quiconque ne parlait pas le grec. Donc il dit tout simplement, « Si vous parlez dans ce genre de jargon, nous ne nous comprendrons jamais. » Il dit, ce ne sera que comme deux barbares qui n’ont aucun langage commun. »

Un point intéressant à propos de ce mot. Barbaros est, de nouveau, une onomatopée. Vous vous souvenez ? Un mot pour un son – comme bzzz, zip, et woufff, n’importe lequel de ces mots qui remplacent un son. Eh bien, ce mot, en réalité est la répétition de « bar, bar ». Et ce qu’il dit, c’est que « ce n’est que du ‘bar, bar, bar, bar’ pour moi. Je ne comprends rien et cela n’a aucun sens. »

Donc vous voyez ce qu’il veut dire, c’est l’inutilité d’une langue inintelligible et de charabia païen. Ils n’avaient aucune signification. C’est contraire à toutes les lois des sons et du sens, selon le verset 10. Tout a du sens, sauf ce que vous faites. Toutes les langues communiquent, sauf celle de votre genre. Et souvenez-vous, les amis, qu’ils pouvaient même être accusés pour le mauvais usage du vrai don en parlant une langue comme si c’était quelque chose de hautement spirituel, alors que personne présent ne pouvait la comprendre. On ne devait en faire usage que si quelqu’un qui parlait cette langue était présent. Et il va traiter cela en détail plus loin dans le chapitre.

Donc aucun ministère spirituel ne peut s’accomplir dans cette sorte de confusion. Les incroyants vont arriver, ils regarderont aux alentours et diront, verset 23, « ces gens sont fous ! ». Autrement dit, ils sont dans un délire ne différant en rien de celui des adorateurs de Diane. Ils sont dans la même espèce d’extase que sont ces gens dans le temple, et ils ne voient rien de différent dans l’Église chrétienne de ce qui se passe dans le temple de Diane. Or, le second point secondaire, donc, disant que les langues sont incompréhensibles, se termine avec le même point que le premier. Regardez au verset 12.

« Vous de même, puisque vous aspirez aux dons spirituels, cherchez à posséder avec abondance ceux qui édifient l’Église. » Vous êtes si zélées pour le don, vous voulez tant les spirituels, vous voulez tant les choses de l’Esprit, vous voulez tant la manifestation de l’Esprit. Or, si c’est le cas, alors dites ce qui en sera la vraie manifestation pour édifier en vérité l’Église.

Soit dit en passant, c’est ainsi qu’il terminait la première section au verset 5, « … pour que l’Église reçoive une édification. » C’est ainsi qu’il termine chacun de ces points. Cherchez à édifier l’Église. Il traite en réalité leur égoïsme. Les Corinthiens se rassemblaient, ils recherchaient tous cette expérience. Ils recherchaient tous cette extase. Ils voulaient l’expérience sensuelle.

Et nous avons encore cela aujourd’hui. Et je pense qu’une partie de ce qui se passe dans les mouvements charismatique et pentecôtiste, c’est qu’ils cherchent tous cette expérience personnelle, dont Paul dit que c’est « l’antithèse des dons spirituels qui ont pour but d’édifier le corps. » alors, la position des langues est secondaire. Première raison, parce que la prophétie édifiera l’Église. Deux, les langues son inintelligibles, par conséquent leur usage est très limité. Et, soit dit en passant, cet usage limité, était également limité à l’ère apostolique.

Très bien, venons au troisième point : le troisième point sur notre plan. Les langues sont secondaires, troisièmement, parce que l’effet des langues est émotionnel plus que mental. L’effet des langues est émotionnel plus que mental. Et c’est ce qu’il souligne au verset 13. Maintenant faites attention : « C’est pourquoi, que celui qui parle, » et ici nous avons de nouveau le singulier, « en charabia prie afin de pouvoir interpréter. » Or c’est un verset très difficile à traduire. J’ai beaucoup réfléchi en lisant ce verset, et j’ai prié, « Seigneur puis-je interpréter ce verset ? Il est difficile. » Mais « que celui qui parle en charabia prie afin de pouvoir interpréter. » Que dit-il ?

Comme nous le savons déjà par notre étude, ils utilisaient cette sorte privée de communication extatique avec leur dieu, dans la langue de leur dieu, pensant qu’ils priaient le vrai Dieu et que cela venait vraiment de l’Esprit. Mais prier en charabia n’a jamais été l’intention du don ; c’en était toujours la perversion. Et Paul dit : « Voilà, vous qui priez en charabia, » ou que celui qui prie en charabia, littéralement, « priez avec le but de traduire, ou avec le but, littéralement, d’interpréter. » Autrement dit, je pense que c’est un peu sarcastique. « Hé, vous qui êtes si occupés à prier dans votre charabia, pourquoi ne prieriez-vous pas pour quelque chose qui aurait un sens pour quelqu’un ? » 

Et au cas où vous penseriez que c’est forcer le sens, si vous lisez attentivement tout Corinthiens, vous verrez qu’à de multiples occasions cette ironie est présente. Autrement dit, « que celui qui tient tant à prier dans sa petite langue privée prie plutôt pour le don qu’il est intelligible. » En priant dans votre charabia, demandez à Dieu quelque chose qui puisse également bénéficier à tout le reste du corps, car ce que vous faites est vraiment très égoïste. »

Maintenant, quelqu’un dira probablement. « Holà, John, vous avez vraiment forcé cela dans ce verset ! » Bon, alors il y a une autre possibilité. Cette autre possibilité est celle-ci : « C’est pourquoi, que celui qui parle une langue inconnue prie qu’il puisse recevoir le don d’interprétation. » Or, si on le prend ainsi, alors cela signifie que l’on peut rechercher certains dons, correct ? Que si nous voulons le don d’interprétation, ou tout autre don, tout ce que nous avons à faire c’est prier pour l’avoir, c’est cela. Est-ce vrai ?

Eh bien, 1 Corinthiens 12 :11 dit que le Saint-Esprit donne les dons à qui Il veut. Dans 1 Corinthiens 12 :30, attention, 1 Corinthiens 12 :30 dit : « Tous parlent-ils en langues ? Tous interprètent-ils ? » Et quelle est la réponse impliquée par la construction grecque ? – C’est : ‘Non’. Non, Dieu n’a jamais dit que nous pouvions prier pour tous les dons que nous voudrions, que nous pouvions rechercher n’importe quel don que nous voudrions. Ce verset ne peut pas dire que nous devrions rechercher le don d’interprétation.

Je vais vous montrer une autre raison. Regardez au verset 28 du chapitre 14, le verset 28. Regardez. « S’il n’y a pas d’interprète, qu’on se taise dans l’Église. » Autrement dit, si quelqu’un utilise le vrai don, écoutez cela, qu’un païen présent comprendrait, il ne faudrait même pas l’utiliser à moins de savoir qu’il y a là un interprète qui pourrait le traduire. Et laissez-moi ajouter ceci, les amis. Ils doivent avoir su, alors, qui avait le don d’interprétation, et c’est à ceux-là que le don se limitait, voyez-vous.

Il était si limité qu’ils ne pouvaient même pas l’utiliser si cette personne était absente. Donc en aucune manière ce verset ne pouvait enseigner qu’un individu recherche le don d’interprétation. La seule alternative est que Paul les malmène un peu en disant, « Puisque vous baragouinez, pourquoi ne prieriez pas intelligemment, en demandant par exemple à Dieu quelque chose qui ait du sens pour nous ? » J’espère que ceci vous aide à comprendre ce problème.

Verset 14. Il dit : « En effet, si je prie en langue, mon esprit est en prière, mais mon intelligence est stérile. 

» Maintenant attention. Le mot pour « esprit » est pneuma. J’aime penser que l’on pourrait traduire ainsi : « Ma respiration ou mon souffle prie, mais ma pensée est stérile. » Alors vous savez ce que je fais ; je souffle dans l’air et c’est tout. Pneuma peut être traduit par « esprit », « souffle », « vent ». Certains diraient même que cela fait référence à sentiment, ou sentiments intérieurs.

Les charismatiques, pour la plupart, disent que c’est le Saint-Esprit. Mais ce n’est pas juste, car il est dit « Mon esprit prie. » Et ils disent, « Mais le Saint-Esprit est mon esprit. » Oui, mais il est comparé avec « mon intelligence. » Et si l’intelligence humaine est l’un des points de comparaison, vous devez faire du souffle humain ou de l’esprit humain l’autre partie de la comparaison. Vous devez être équilibré et prudent ici.

Ainsi il dit : « Si je prie en charabia, mon souffle peut être en prière, mais ma pensée est stérile. » Autrement dit, il ne se passe rien de bénéfique. Rien ne porte de fruit. Prier en langue, donc, ou en charabia, n’a rien de réfléchi. « Si je prie dans une langue inconnue, ce n’est que mon souffle ou mon vent, ou mon esprit, ou mon sentiment intérieur, quelque soit le terme que vous choisirez. Il ne fait que souffler de l’air dans les airs comme les païens. Je ne comprends pas ce que je dis, vous ne comprenez pas ce que je dis. Je souffle de l’air dans les airs. » Ainsi la contrefaçon du don ne fait qu’induire une expérience émotionnelle ; elle n’a aucun bienfait mental.

Mes bien-aimés, vous savez aussi bien que moi que jamais, dans la Parole de Dieu, il n’y a de moment où Dieu veut que nous soyons sans intelligence. Seriez-vous d’accord avec cela ? Il n’est jamais fait cas d’éteindre les fonctions de votre cerveau, jamais. Jamais Dieu ne veut que nous ne fonctionnions que sur l’émotion pure, sans rien comprendre. Jamais ! Et ce que vous avez ici est quelque chose de faux. Vous avez des expériences sans réflexion, seulement émotionnelles, qui n’ont aucun sens, aucun sens.

En fait, dans Matthieu 22 verset 37, il est dit : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de » - toute ta quoi ? – « toute ta pensée. » Prier ou chanter dans une langue est inutile, inutile pour vous, inutile pour tous les autres. C’est de l’émotion sans réflexion.

Verset 15 : « Que faire donc ? » Quelle est ma conclusion ? Personnellement, quant à moi, « je prierai avec mon esprit, » - le vent, mon intérieur ou ce que vous voudrez dire. « Je prierai avec mon esprit, mais je prierai aussi avec » quoi ? « Mon intelligence. » Eh bien, lorsque je parle à Dieu, cela vient de l’intérieur de moi et je dirai des choses. J’utiliserai mon souffle, » ou mon air, « mais je vais aussi utiliser mon cerveau. Et je vais chanter avec mon souffle, et mon air, et je vais aussi chanter avec ma pensée. »

Well, when I talk to God, it’s going to come from inside of me and I’m going to say things. I’m going to use my breath,” or my wind, “but I’m also going to use my brain. And I am going to sing with my breath and my wind, and I’m going to sing with my mind as well.”

Apparemment, ils chantaient également dans ces langues extatiques. Nous avons cela, aujourd’hui parmi des charismatiques qui chantent aussi en langues. Paul dit : « Je ne le fais pas. Dans quel but serait-ce, à part donner l’impression à tous que j’ai cette petite langue de prière privée entre moi et Dieu qui me branche d’une manière particulière ? » Très égoïste !

Alors Paul dit : « Je prierai avec mon souffle et ma pensée, et je chanterai avec mon souffle et ma pensée, pas sans intelligence. » Écoutez, vous priez en français et Dieu comprend, et vous chantez en français et Dieu comprend. Laissez-moi vous le dire, c’est de loin meilleur que de parler à Dieu dans une sorte de charabia, quoi que les gens vous disent. Dieu n’en a pas besoin.

Une remarque intéressante. Le mot pour « chanter » signifiait à l’origine « jouer de la harpe. » Puis il a signifié – écoutez ça, - « chanter avec un accompagnement de harpe. » Certains disent aujourd’hui qu’on ne devrait pas utiliser d’instruments de musique à l’église. Le mot pour « chanter » signifiait à l’origine, « chanter avec un accompagnement de harpe. » C’est ainsi qu’il était utilisé dans la Septante, et sans doute, c’est ainsi qu’il était compris dans le Nouveau Testament. Donc nous utilisons des instruments.

Verset 16 : Nous allons nous dépêcher jusqu’à la fin. Il dit « Si je ne le fais pas avec ma pensée, alors, si tu prononces une bénédiction, » et là il parle de quelqu’un d’autre maintenant. « Si tu prononces une bénédiction avec ton esprit seulement, » ou ton air, ou ton souffle. Autrement dit, quand tu entres un état extatique, « et que tu ne le fais pas avec ta pensée, comment celui qui fait partie des simples auditeurs pourra-t-il dire ‘Amen’ à ta prière de reconnaissance, puisqu’il ne sait pas ce que tu dis ? » Vous ne pourriez même pas obtenir un seul ‘Amen’.

Notez la phrase « celui qui fait partie des simples auditeurs. » dans le grec, le mot est idiōtēs. Le mot signifie ici ‘ignorant’, et veut simplement dire quelqu’un qui ignore la langue que vous parlez. Et si vous allez dire votre prière, la personne qui est en position d’ignorance quant au sens de ce que vous avez dit ne peut même pas dire ‘Amen’ à votre action de grâce parce qu’elle ne comprend pas ce que vous dites.

Or, les amis, ‘amen’ est simplement un adverbe hébraïque qui signifie « c’est vrai, vous l’avez dit, frère. » « Qu’il en soit ainsi. » « Je suis d’accord, » quelle que soit sa connotation. Et dans la synagogue juive, savez-vous à quel point c’était important ? C’était si important que vous pouviez à peine entendre la lecture, à cause de tous les « amen ! »

Laissez-moi vous donner quelques citations de rabbins : « Celui qui dit ‘amen’ est plus grand que celui qui bénit. » Une autre : « À quiconque dit ‘amen’, les portes du Paradis sont ouvertes. » Une autre : « Quiconque dit ‘amen’ courtement, ses jours seront peu nombreux ; à qui dit ‘amen’ distinctement et longuement, ses jours seront augmentés. » Et savez-vous ce qui se passait à la synagogue ? C’était une compétition pour voir qui pourrait dire le plus de ‘amen’ pour entrer dans le royaume.

C’était aussi courant dans l’Église primitive, bien que plus sincère. Et il dit : « Voilà, c’est une belle chose que d’être d’accord. » Vous savez que dans l’Église aujourd’hui, il y a des gens qui pensent que si quelqu’un dit, « amen, » on dit « Qui est-ce ? » Amen ? Amen, c’est bien ça. Mais il dit : « tout ce que vous avez est une sorte d’extase aveugle et émotionnelle, car personne ne sait ce qui se passe. » Ne saisissez-vous pas ? Vous voyez, lorsque vous vous rassemblez, les amis, c’est pour le bien de tous. Et tout ce que vous faites qui laisse quelqu’un de côté est mal.

Verset 17 : « Certes, tu prononces une belle prière de reconnaissance. » Peut-être que ce que tu fais est très bien, et s’il se trouve que tu as le vrai don, ou bien il se peut que tu penses en ton cœur : « Oh, oui, je suis reconnaissant à Dieu. » Mais personne d’autre n’est édifié, ce qui rend la chose mauvaise, puisque tu es passé à côté de l’aspect assemblée. Tu as raté le fait que c’est un rassemblement.

Mais quelqu’un pourrait dire : « C’est précisément pourquoi nous disons qu’il faut le pratiquer en privé. » Mais, voyez-vous, c’est le problème, également, car cela n’a jamais été quelque chose de privé. Le don des langues a toujours été pour un assistant qui parlait cette langue. Quel bienfait en tirerait-on s’il se fait en privé ? Et ici il dit que même en public, il ne bénéficie à personne à moins qu’un assistant ne comprenne ce que l’on dit.

Verset 18 : Maintenant Paul fait ce qu’il fait déjà plus tôt dans le chapitre. Il dit : « J’ai été un peu dur là-dessus, et je ne veux pas que vous ayez une fausse idée des langues, » ou langages. « Je crois que c’est un don réel. » Alors il dit : « Je remercie mon Dieu de ce que je parle en langues. » remarquez que c’est de nouveau au pluriel, et ici il parle du vrai don, je pense. « Je remercie mon Dieu de ce que je parle en langues plus que vous tous. » Ici il dit : « Si vous vous demandez si je ne suis pas un peu à la marge, sans tout à fait comprendre tous les phénomènes, je veux seulement que vous sachiez que je l’ai probablement pratiqué plus que n’importe lequel d’entre vous. »

Il avait le vrai don. C’était un apôtre, il avait les dons d’un apôtre selon 2 Corinthiens 12 :12. Il exerçait ces dons, et sans doute qu’en voyageant, il utilisait celui-là. « Comment utilisait-il ce don ? » Eh bien, tout d’abord, je suis certain qu’il ne l’utilisait pas comme langue de prière privée. Deux, je suis sûr qu’il ne l’utilisait pas dans des rencontres chrétiennes pour montrer qu’il était spirituel. Trois, je suis sûr qu’il ne l’utilisait pas à son propre avantage.

Je vais vous dire comment il l’utilisait. Il l’utilisait dans les cas où il voyageait à un endroit où il y avait des gens qui parlaient une langue étrangère. Et il avait reçu de Dieu la capacité de parler cette langue, afin qu’ils puissent savoir que Dieu était présent, et qu’un miracle avait eu lieu. Ensuite il leur annonçait la vérité de Dieu, et ils venaient à la conversion. Il était le missionnaire parmi les non-Juifs. Et c’était certainement souvent le cas dans ses voyages missionnaires, il pouvait avoir utilisé ce don. Mais je trouve intéressant qu’il le mette si bas dans la liste, et que jamais dans tout son ministère ni dans ses écrits, il ne mentionne qu’il l’utilise, sauf ici, et il n’en donne aucun exemple.

Mais il dit : « Bien que j’aie ce don » - verset 19, « Mais dans l’Église, » - je veux dire, cela va pour l’évangélisation, c’est bien quand vous devez parler à ces païens dans une langue qu’ils puissent comprendre, et leur montrer que Dieu est présent et qu’Il parle. « Mais dans l’Église » et faites attention, « j’aime mieux dire 5 paroles avec mon intelligence afin d’instruire aussi les autres, plutôt que 10000 paroles en langue. » C’est en réalité la fin du texte. Voilà le but.

Maintenant, je voudrais que vous voyiez quelque chose d’intéressant. Cinq contre dix mille n’est pas une proportion. Savez-vous ce qu’est dix mille ? Le mot grec est murioi, et c’est le mot utilisé ici parce que c’est le plus grand nombre en mathématiques grecques pour lequel il y avait un mot. Vous saisissez? Par exemple, dans l’Apocalypse, souvenez-vous, on parlait des anges, et il est dit « ils étaient des myriades de myriades et des milliers de milliers. »

Il est simplement répété murioi et murioi et encore murioi et encore murioi parce que c’est le mot qui parle du plus grand nombre. Ainsi, on pourrait dire en français : « Je préfère dire 5 paroles avec mon intelligence qu’un trillion en charabia. » Cela veut dire que ce n’est même pas une comparaison. Je préférerais dire : « J’ai quelque chose à dire », puis m’asseoir, que dire un trillion de choses en charabia. C’est son but. Pourquoi ? Parce que personne n’apprendra quoi que ce soit, et je veux utiliser ma voix pour enseigner aussi les autres. »

Alors il conclut au verset 20 : « Frères et sœurs, ne raisonnez pas comme des enfants. Au contraire… » Grandissez ! Nous nous arrêterons ici. Grandissez, grandissez. Dans 1 Corinthiens 13 :11, il disait : « Lorsque j’étais enfant, je parlais comme un enfant …lorsque je suis devenu un homme, j’ai » - quoi ? – « mis fin à ce qui était de l’enfant, » même idée. Maintenant laissez-moi vous dire une chose, et c’est très important en concluant. Quelles sont les leçons ici ? Maintenant écoutez. Ce passage nous dit-il comment gérer les langues dans l’Église de nos jours ? Non, pas vraiment, car elles ont cessé.

Qu’est-ce que cela nous montre ? En premier, cela nous montre que le mouvement charismatique moderne est – attention, et je dis cela avec un grand amour et une grande préoccupation. Mais je crois ceci, dans mon cœur, que le mouvement charismatique actuel est le même ancien problème des Corinthiens qui se répète. Pourquoi ? Ils l’utilisent dans leurs assemblées actuelles. Ils parlent en charabia. Ils le font pour leur propre édification privée.

Ils recherchent l’expérience émotionnelle plus qu’une compréhension intellectuelle. Ils chantent en langues ; ils sont absorbés dans leurs propres expériences. Ils se glorifient dans l’inintelligible comme si c’était une sorte de communion secrète avec Dieu. Ils le font parmi des croyants, et leurs missionnaires n’ont pas le vrai don pour atteindre des gens de langues différentes. Alors ce que je vois là est un reflet de ce problème.

Qu’apprenons-nous de cela ? Voilà : Apprenons, d’abord, à élever l’annonce et l’enseignement de la Parole de Dieu, à nous rassembler pour écouter la Parole de Dieu de manière à la comprendre, à faire tout ce que nous faisons, avec le don que nous avons, pour édifier les autres, ne jamais rechercher d’expérience spirituelle égoïste, à ne jamais nous délecter de l’émotionnel, mais de la connaissance, à être sur nos gardes des contrefaçons de Satan, à tout faire avec un esprit clair, et ouvert à la vérité de Dieu. Et mes amis, la plus grande tragédie qui ressort du mouvement moderne des langues est qu’ils passent à côté de l’œuvre authentique du Saint-Esprit.

Souvenez-vous du chien de l’ancienne fable qui, en traversant un pont un os dans la gueule, regarda par-dessus bord, et vit son reflet dans l’eau ! Et l’os du reflet avait l’air si bon, meilleur que celui qu’il tenait dans sa gueule, qu’il laissa tomber la substance pour l’ombre et eut faim ! Et je crains fort que beaucoup de nos chers amis de ce mouvement ont lâché la substance et la réalité d’Éphésiens 5 :18 pour l’ombre d’expériences charismatiques, et ils vont être affamés. Prions.

Merci, notre Père, pour ce moment que nous avons passé dans ta Parole. Merci pour chaque personne présente. Père, nous savons que beaucoup de nos amis qui sont ici aujourd’hui avec nous, sont venus en s’attendant à un message différent de celui-ci. Je prie qu’ils puissent comprendre qu’en étudiant les Écritures de manière suivie, tu as un objectif en nous enseignant tout ce que tu nous apprends.

Père, je prie que tu veuilles particulièrement les édifier, Père, au moyen de notre communion fraternelle, malgré le fait, peut-être, que ce ne soit pas le message précis qui est nécessaire pour leur cœur. Merci pour l’amour de la communion dont nous jouissons. Nous prions, qu’alors que nous nous séparons, ce soit avec un nouveau cœur prêt à t’aimer et à te servir, et à rechercher ta volonté pour ta gloire. Au nom de Jésus, amen.

FIN

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